SORTIES DE LA SEMAINE | 14.10.26

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12 octobre 2026 | Meryl Moser, directrice

 

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LES MISÉRABLES
| Vevey | Aigle | Monthey | Martigny | Orbe | La Sarraz |

 

« Un monument de la littérature qui retrouve tout son souffle sur grand écran. »

Adapter une nouvelle fois Les Misérables pouvait sembler risqué tant l’œuvre de Victor Hugo fait partie de ces histoires que l’on pense déjà connaître. Et pourtant, j’ai trouvé cette nouvelle version vraiment réussie. Fred Cavayé en fait une grande fresque populaire, romanesque et très cinématographique, avec suffisamment de rythme pour emporter le récit tout en conservant ce qui fait la force du roman : la misère, la justice, la rédemption, l’amour et surtout cette confrontation permanente entre ce que la société décide qui nous sommes et ce que nous pouvons choisir de devenir. 

Le casting y est pour beaucoup. Vincent Lindon apporte à Jean Valjean une force très physique mais aussi énormément d’humanité. Face à lui, Tahar Rahim compose un Javert dur, obsessionnel et plus complexe qu’un simple adversaire. Camille Cottin et Benjamin Lavernhe sont également remarquables dans des rôles particulièrement atroces : leurs personnages sont odieux, parfois presque insupportables, mais ils les jouent avec une justesse telle qu’ils prennent une place immense dans le film. Noémie Merlant, Marie Colomb, Megan Northam et Vassili Schneider donnent également vie aux nombreux destins qui se croisent autour d’eux. 

J’ai particulièrement aimé l’ampleur donnée à l’histoire. Les décors, les costumes, les rues grouillantes, Waterloo, Paris et les barricades donnent vraiment le sentiment de traverser plusieurs décennies aux côtés des personnages. Le film assume pleinement son côté grande fresque et retrouve quelque chose du cinéma populaire à l’ancienne, avec des personnages forts, des destins qui s’entrecroisent et une histoire qui ne cesse de prendre de l’ampleur. 

Fred Cavayé s’était replongé dans les quelque 1 700 pages du roman pendant le confinement et s’est ensuite rendu régulièrement à la Maison de Victor Hugo pendant l’écriture. Son ambition était de rester fidèle à l’histoire tout en construisant un récit plus direct et en faisant apparaître à l’écran certaines parties moins souvent présentes dans les précédentes adaptations. 

Les Misérables reste un classique, évidemment, mais cette version rappelle surtout pourquoi cette histoire continue d’être racontée près de deux siècles plus tard. J’ai vraiment aimé retrouver ces personnages dans une adaptation généreuse, portée par d’excellents acteurs et par un véritable souffle romanesque. Une grande fresque française qui réussit à rendre Victor Hugo spectaculaire sans perdre complètement l’humain derrière le monument. 

#LesMiserables #FredCavaye #VincentLindon #TaharRahim #NoemieMerlant #CamilleCottin #VictorHugo #CinemaFrancais #GrandeFresque #Cinema

 

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NI VUE, NI CONNUE
| Vevey | Aigle | Martigny | Orbe |

 

« Et si la star du film était justement celle que personne ne regarde ? »

Corinne Maclou est figurante. De tournage en tournage, elle apparaît derrière les autres, traverse les décors et continue d’espérer qu’un jour quelqu’un remarquera enfin qu’elle est capable de beaucoup plus. Sa rencontre avec Sandrine Kiberlain, qui joue ici sa propre version de star de cinéma, pourrait bien être l’occasion qu’elle attend depuis toujours.

Marc Fitoussi s’amuse avec les coulisses du cinéma, les ego, les privilèges et cette étrange hiérarchie qui sépare ceux que tout le monde reconnaît de ceux qui restent flous au fond de l’image. Isabelle Huppert se glisse avec beaucoup d’autodérision dans la peau de cette éternelle figurante, entourée de Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Emmanuelle Bercot, Diane Kruger, Ana Girardot et Vincent Dedienne, plusieurs d’entre eux jouant leur propre rôle.

L’idée du film vient justement de l’envie de Marc Fitoussi de retrouver Isabelle Huppert en lui proposant quelque chose qu’elle n’avait encore jamais fait. Après avoir incarné tant de personnages majeurs, pourquoi ne pas en faire cette fois une actrice reléguée au second plan ? Le réalisateur avait déjà exploré cet univers en 2009 dans son documentaire Des figurants et s’est notamment inspiré d’une femme rencontrée à cette occasion, dont la passion pour le métier était restée intacte malgré les années passées dans l’ombre.

Présenté sur la Piazza Grande à Locarno et choisi pour ouvrir le Festival du Film Francophone d’Angoulême, Ni vue, ni connue joue donc avec une situation assez savoureuse : demander à l’une des actrices françaises les plus célèbres au monde de devenir presque invisible.

Une comédie sur le cinéma et ceux qui le font, sur le besoin d’être reconnu et sur tous ces rêves de premier rôle qui persistent même lorsque l’on passe sa vie au fond du cadre.

#NiVueNiConnue #IsabelleHuppert #SandrineKiberlain #MarcFitoussi #AnneMarivin #CinemaFrancais #Comedie #Cinema

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MOCHY
| Vevey | Montreux | Aigle |

 

« Il n’a peut-être pas le physique d’un champion… mais il compte bien en devenir un. »

Mochy est un jeune chien au grand cœur qui n’a pas vraiment été gâté par la nature. Pourtant, il nourrit un rêve assez improbable : participer au prestigieux concours du plus beau chien. Derrière cette ambition se cache surtout un espoir beaucoup plus tendre, celui de trouver enfin un humain qui l’aimera pour la vie.

Son parcours va évidemment se compliquer. Accusé d’avoir provoqué une catastrophe lors d’un concours, Mochy devient la cible d’un propriétaire bien décidé à se venger. Recueilli par Molly, une dresseuse attentionnée, puis séparé à nouveau de ce nouveau foyer, il finit dans une fourrière où il rencontre toute une bande de compagnons aussi improbables que lui.

Réalisé par Jérémie Degruson et Yanis Belaïd, Mochy est une aventure familiale en animation 3D qui parle avec humour de différence, d’abandon et surtout du besoin d’être accepté tel que l’on est. Axel Auriant prête sa voix à Mochy dans la version française.

Le film a été présenté en première mondiale au Festival international du film d’animation d’Annecy 2026, où il avait été choisi pour ouvrir la section Annecy Présente. Une jolie reconnaissance pour cette production franco-belge qui transforme son héros « trop moche » pour les concours en personnage que l’on a justement envie d’encourager jusqu’au bout.

Une aventure drôle et tendre qui rappelle qu’on n’a pas besoin d’être le plus beau pour mériter sa chance… ni pour trouver sa famille.

#Mochy #Yugly #JérémieDegruson #YanisBelaid #Animation #FilmFamilial #Aventure #Annecy2026 #Cinéma

 

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MINOTAURE
| Vevey | Martigny | Orbe |

 

« Quand tout ce qu’on croyait maîtriser commence à se fissurer. »

Gleb dirige une entreprise prospère dans une petite ville de Russie. Sa vie semble parfaitement ordonnée jusqu’au moment où deux crises viennent se télescoper : il découvre que sa femme Galina lui est infidèle tandis que les autorités locales lui demandent de désigner plusieurs employés qui devront partir combattre en Ukraine.

Dmitriy Mazurov incarne cet homme pris entre son désir de garder le contrôle et des choix qui deviennent de plus en plus impossibles à esquiver. Face à lui, Iris Lebedeva interprète Galina, dans un couple où la méfiance, le silence et la colère prennent progressivement toute la place.

Andreï Zviaguintsev utilise cette histoire intime pour parler de quelque chose de beaucoup plus large : la responsabilité individuelle, les compromis et ce moment où l’on ne peut plus prétendre que les décisions prises autour de nous ne nous concernent pas. Le film ne sépare jamais complètement la crise du couple de celle du pays : les deux avancent ensemble jusqu’à rendre la situation de plus en plus tendue.

Minotaur trouve son origine dans La Femme infidèle de Claude Chabrol, que Zviaguintsev envisageait d’adapter depuis 2017 ou 2018. Lorsque la mobilisation russe a commencé en 2022, il a décidé d’intégrer cet événement au scénario, notamment pour développer la vie professionnelle du personnage principal, beaucoup moins présente dans le film de Chabrol.

Exilé hors de Russie, le réalisateur a tourné en Lettonie, dont certains décors pouvaient recréer l’architecture et l’atmosphère d’une ville russe. Ce contexte donne au film une dimension particulière : Minotaur est son premier long métrage réalisé hors de son pays après plusieurs années d’absence et une grave maladie qui l’avait éloigné des plateaux.

Récompensé par le Grand Prix à Cannes 2026, Minotaur est un drame sombre et tendu, construit comme un engrenage. Un film sur le couple, le pouvoir et cette zone inconfortable où vouloir rester innocent ne suffit plus forcément à l’être.

#Minotaur #AndreiZviaguintsev #DmitriyMazurov #IrisLebedeva #GrandPrix #Cannes2026 #CinemaRusse #Drame #Cinema

 

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MALFAISANTE
| Montreux | Aigle |

 

« Quand le visage qui devrait rassurer devient celui dont il faut avoir peur. »

Bela a huit ans et vit avec ses parents lorsqu’une présence commence à apparaître dans sa maison. Elle vient de son placard, lui parle et ressemble étrangement à sa propre mère. Bela la surnomme « l’Autre Maman ». D’abord fascinante, cette créature devient peu à peu beaucoup plus menaçante et la frontière entre ce qui est familier et ce qui ne devrait pas exister commence à se brouiller.

Jessica Chastain tient ici un double rôle particulièrement inquiétant : elle incarne à la fois Ursula, la véritable mère de Bela, et l’entité qui copie son apparence. Arabella Olivia Clark joue la jeune Bela et Jay Duplass son père, tandis que Dichen Lachman, Arian Moayed et Karen Allen complètent le casting.

Rob Savage, réalisateur de Host et The Boogeyman, adapte Incidents Around the House, le roman de Josh Malerman, auteur de Bird Box. Le film utilise une peur assez simple mais terriblement efficace : celle de ne plus pouvoir faire confiance à un visage que l’on connaît parfaitement. Derrière le surnaturel, il joue aussi avec les fragilités d’une famille et avec cette inquiétude très enfantine que quelque chose puisse se cacher juste à côté de nous sans que les adultes le voient.

Pour créer l’Autre Maman, Jessica Chastain et Rob Savage ont choisi de ne pas compter uniquement sur les prothèses ou les effets spéciaux. L’actrice a beaucoup travaillé la manière de sourire, de bouger et de regarder pour rendre le personnage presque normal… mais jamais complètement. En cherchant ce sourire pendant les essais maquillage, elle l’a testé devant un enfant de cinq ans présent dans la pièce : sa réaction immédiate a été de crier.

Produit par James Wan, Malfaisante mise donc moins sur un monstre que l’on identifierait immédiatement que sur quelque chose de beaucoup plus dérangeant : une présence qui ressemble exactement à la personne censée nous protéger.

#Malfaisante #OtherMommy #JessicaChastain #RobSavage #JamesWan #JoshMalerman #Horreur #Epouvante #Cinema

 

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ENGLOUTI
| Montreux |

 

« Parfois, il faut toucher le fond pour retrouver une raison de remonter. »

Après la mort de son père, Jay Gardiner plonge au large de la Californie pour tenter de retrouver ses restes. Mais l’expédition bascule lorsqu’il est avalé par un gigantesque cachalot. Prisonnier à l’intérieur de l’animal avec seulement une heure d’oxygène, il doit trouver un moyen de sortir avant qu’il ne soit trop tard.

Austin Abrams porte presque entièrement ce thriller de survie, tandis que Josh Brolin incarne son père à travers les souvenirs qui accompagnent Jay dans son combat. Elisabeth Shue, Jane Levy, John Ortiz et Emily Rudd complètent le casting.

Brian Duffield, réalisateur de No One Will Save You, adapte ici le roman de Daniel Kraus. Derrière son concept spectaculaire, Englouti raconte aussi une relation père-fils compliquée et la manière dont les enseignements d’un homme que Jay avait du mal à comprendre deviennent soudain indispensables à sa survie.

Le tournage a nécessité la construction de véritables éléments du cachalot. L’équipe de Wētā Workshop a notamment participé à la création des effets physiques et un immense décor reproduisant son estomac a été fabriqué pour les scènes avec Austin Abrams. Cet espace réagissait aux battements du cœur de l’animal et pouvait se remplir d’eau, rendant le tournage presque aussi imprévisible que la situation vécue par le personnage.

Entre claustrophobie, survie et émotion, Englouti part d’une idée complètement folle pour raconter quelque chose de beaucoup plus humain : un homme qui pensait avoir renoncé à avancer et qui découvre, dans l’endroit le plus improbable qui soit, une raison de se battre pour revenir à la surface.

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